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Sainte Marie Eugénie |
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Sainte Marie-Eugénie Milleret
1817 - 1898 10 mars
- Née à Metz le 25 août 1817, elle partagea son enfance entre l’hôtel particulier des Milleret de Brou et la vaste propriété de Preisch, aux frontières du Luxembourg, de l’Allemagne et de la France. Comblée dans une famille incrédule dont le père voltairien est un haut-fonctionnaire et la mère, excellente éducatrice, ne pratique que le formalisme religieux, elle connaîtra une véritable rencontre mystique avec Jésus-Christ au jour de sa première communion : "Je ne l’ai jamais oublié."
- En 1830, son père ruiné doit vendre la manoir de Preisch puis l’hôtel de Metz. Ses parents se séparent en 1831 et elle vient à Paris avec sa mère qui sera emportée brutalement par le choléra en 1832. Elle est recueillie dans une riche famille amie, à Châlons. L’adolescente de 17 ans connaît alors le désarroi et la solitude dans les mondanités qui l’entourent : "Je passai quelques années à me questionner sur la base et l’effet des croyances que je n’avais pas comprises... Mon ignorance de l’enseignement de l’Eglise était inconcevable et pourtant j’avais reçu les instructions communes du catéchisme." (Lettre à Lacordaire - 1841)
- Son père la fait revenir à Paris. Durant le carême 1835, elle retrouve la lumière en entendant l’abbé Lacordaire prêcher à Notre-Dame. "Votre parole me donnait une foi que rien ne devait plus faire vaciller." "Ma vocation date de Notre-Dame" dira-t-elle plus tard. Elle se passionne alors pour le renouveau du christianisme de Lammenais, de Montalembert et de ses amis.
- Parmi eux, l’abbé Combalot dont elle entend les prédications à Saint-Eustache en mars 1837. Il rêvait de fonder une congrégation dédiée à Notre-Dame de l’Assomption, pour former les jeunes filles des milieux dirigeants, irréligieux pour la plupart. Elle rêvait de réaliser une vocation religieuse. Elle hésite d’abord à le suivre, puis elle acquiesce.
- Il l’envoie se former chez les Visitandines de La Côte-Saint-André (38260) qui la marquent de l’esprit et de la spiritualité de saint François de Sales. Elle a déjà, précises dans son esprit, les bases de sa pédagogie ; elle récuse une éducation mondaine où l’instruction profane est au rabais ; elle veut un christianisme authentique et non un vernis superficiel ; elle entend donner aux jeunes filles une formation de tout l’être à la lumière du Christ.
- En avril 1839, elles sont deux à se réunir pour cela rue Férou et se retrouvent bientôt quatre dans un appartement de la rue de Vaugirard étudiant la la théologie, l’Ecriture Sainte et les sciences profanes. Kat O’Neill, une irlandaise, est déjà là qui prendra le nom religieuse de Thérèse-Emmanuel et dont la forte personnalité l’accompagnera toute sa vie de son amitié.
- Elles se séparent définitivement de l’abbé Combalot en mai 1841. Sa direction fantasque et son manque de mesure vis-à-vis de l’archevêque de Paris risquaient de tout compromettre. Mgr Affre leur offre l’appui de son Vicaire Général, Mgr Gros. C’est une libération. Les sœurs reprennent leurs études et font leur profession religieuse le 15 août 1841.
- Grande est leur pauvreté et la communauté ne se développe pas. Ce qui n’empêche pas Sœur Marie-Eugénie désormais, d’ouvrir une première école, au printemps 1842, impasse des Vignes, aujourd’hui disparue à cause des constructions dans la rue Lhomond, dans le 5ème arrondissement. Puis elle s’installe à Chaillot car la communauté s’accroît, toujours plus internationale d’ailleurs. Elle se plaint parfois des prêtres et des laïcs trop repliés sur leur piété à ses yeux : "Leur cœur ne bat pour rien de large."
- Et c’est la rencontre avec l’abbé d’Alzon qui fondera les Pères de l’Assomption en 1845. Cette grande amitié durera 40 ans. Pétri des idées de Lamennais, force de Jésus-Christ, attaché à l’Eglise, il l’entraîne ; elle le modère. Il est combattif ; elle le nuance. Les fondations ne se comptent plus à travers le monde. Rome reconnaît cette nouvelle congrégation en 1867. Les "Constitutions" de la Congrégation de l’Assomption seront définitivement approuvées le 11 avril 1888.
- La mort du P. d’Alzon en 1880 est l’annonce du dépouillement qu’elle avait reconnu nécessaire en 1854 : "Dieu veut que tout tombe autour de moi." Sœur Thérèse-Emmanuel disparaît à son tour le 3 mai 1888, et sa solitude se creuse davantage.
- La croissance de la congrégation est une lourde charge pour elle. Entre 1854 et 1884, 13 maisons en France, d’autres en Grande-Bretagne (1850), en Espagne (1865), en Nouvelle Calédonie (1873), en Italie (1888), en Amérique Latine et aux Philippines (1892). Elle entraîne pour elle des demandes à étudier, des voyages, des constructions, des décisions.
- Mais sa préoccupation constante reste celle de l’intuition initiale à laquelle les Soeurs doivent répondre, fidèles à l’appel du Seigneur et sans tricher. "Dans l’éducation, une philosophie, un caractère, une passion. Mais quelle passion donner ? celle de la foi, de l’Amour, de la réalisation de l’Evangile." ou encore : "C’est une folie de ne pas être ce que l’on est avec le plus de plénitude possible. "Les religieuses seront des enseignantes s’adaptant aux besoins devant lesquels les place l’évolution de la vie et de l’Eglise, sans pour autant se départir des observances monastiques.
- Quand elle découvre l’impuissance de la vieillesse, "un état où ne reste plus que l’amour", elle s’efface peu à peu. "Je n’ai plus qu’à être bonne." Sa santé s’altère. Vaincue par la paralysie en 1897, elle n’aura plus que son regard pour le dire. Le 10 mars 1898, elle rejoint le Christ ressuscité. Qui sur terre était son unique passion.
- Elle fut reconnue bienheureuse en 1975 par le pape Paul VI.
- Elle a été canonisée le 3 juin 2007 par le pape Benoît XVI
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